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Mardi 16 Safar 1441 / 15 Octobre 2019
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Introduction (Mosquées du Maroc)

Un historien avait qualifiéal-Qarawiyyin de Fès de «mosquée mère de la cité».1 Par cette simple phrase, il rendait compte d'une réalité: la vie de la grande citéd'Idrïs était en effet, rythmée par les appels dumuezzin d'al Qarawiyyïn et par le signal, la nuit tombée, de la torche de son minaret. A Fâs al-bâlî, ancienne médina, le même rituel se perpétue à nos jours.

Cette constatation peut s'appliquer à l'ensemble du pays où la mosquée est omniprésente marquant et rythmant le paysage et la vie des citoyens. L'introduction de l'Islam et son implantation progressive ont été accompagnées d'une édification soutenue de mosquées à travers le pays.

Le présent ouvrage tente de jeter un éclairage sur les différentes caractéristiques qui ont marqué la mosquée marocaine dans son long processus historique. Sans prétendre en dresser une histoire exhaustive, cette contribution consiste à donner un aperçu sur les propriétés spécifiques qui ont caractérisé la grandeur des sanctuaires édifiés en cette extrême contrée de l'Occident musulman. Cette spécificité architecturale s'est illustrée d'une façon manifeste à travers les plans, les volumes et les décors que les différentes dynasties ont fructifiés au fil des temps.

Tout au long du XXe siècle, de nombreuses études d'archéologie monumentale et d'histoire de l'art ont été consacrées à la mosquée marocaine et à d'autres édifices religieux, contribuant à éclairer bien des aspects de leur architecture et de leurs composantes. L'essentiel de ces travaux a concerné particulièrement les époques glorieuses, privilégiant, surtout, les grandes mosquées urbaines. Les périodes almohade et mérinide ont fait l'objet d'un traitement de faveur; l'époque ouattasside n'est ainsi appréhendée que dans le prolongement de celle des mérinides; et l'architecture saâdienne et alaouite abordée essentiellement en fonction du règne de monarques successifs. Dans cette configuration générale, les réalisations du XIXe siècle et, plus encore, celles du XXe siècle, n'y sont que faiblement représentées. Les mosquées élevées en cette première décennie du règne de Mohammed VI, n'ont, quant à elles, fait l'objet d'aucun essai de recherche consistant Le présent ouvrage tente de combler ce déficit et de remédier à cette lacune.

Les premières mosquées du Maroc sont connues grâce aux sources textuelles postérieures au passage de Oqba ibn Nâfi.Les indications qu'elles rapportent, si précieuses soient-elles, restent cependant laconiques, ne permettant pas de cerner avec précision les éléments caractéristiques relatifs aux premiers sanctuaires. D'où la
nécessité de se référer aux réalisations du milieu des IXe et Xe siècles après J.C. pour pouvoir appréhender les grandes lignes des sanctuaires les plus anciens.

Fondées au milieu du IXe siècle, la mosquéeal-Qarawiyylri et sa jumelle al-Andalus, ont gardé presque intactes quelques unes de leurs composantes originelles (une partie des supports et des arcatures de la salle de prière) et préservé d'autres paramètres du siècle suivant. Leurs minarets, œuvres du milieu du Xe siècle, sont de conception unique. Ils expriment l'importance des traditions locales et des influences, cordouane et ifriqiyenne, exercées sur les premières architectures religieuses du pays. Et sial-Qarawiyyïn a si précieusement sauvegardé quelques aspects des plus belles réussites almoravides, la mosquéeal-Andalus porte la marqued'an-Nâsir l'A 1 m o11 a (1 e et des premiers souverains mérinides. Ces sanctuaires ont également connu un intérêt particulier sous les règnes saàdien et alaouite.

L'époque almohade se caractérise par des fondations religieuses importantes. Qu'il s'agisse de la Grande mosquée deTâza, deHassan à Rabat, deTinmell, deSala, ou de la Kutubiyya, l'art des califes almohades est à la mesure de leur puissance et du rayonnement de leur civilisation. Par des choix judicieux et des apports spécifiques, les réalisations du XIIe siècle marqueront de manière indélébile l'architecture religieuse marocaine et maghrébine des siècles postérieurs. La voie ainsi tracée sera empruntée, en premier, par leurs successeurs mérinides qui imprimeront à leurs réalisations un style nouveau, où le décor couvrant et polychrome, ainsi que l'ordonnance hiérarchisée de sa distribution à l'intérieur comme à l'extérieur des bâtiments, compenseront de manière subtile la réduction des surfaces construites. Ils parvinrent à transformer de simples oratoires de quartiers en véritables chefs-d'œuvre architecturaux.

A l'avènement des Saâdiens, on assiste à l'émergence d'une nouvelle tendance qui consiste à fonder des complexes religieux dont les meilleurs exemples ont été édifiés à Marrakech. Les mosquéesMuwâssln etBâb Dukkâla sont englobées au centre d'annexes diverses liées à la pratique cultuelle (salle d'ablutions; chambre de l'imam), la fonction éducative (madrasa; bibliothèque;msïd ou école coranique) ou la fonction sociale {hammam-, abreuvoir). Une autre variante de ce choix concentre les annexes autour du tombeau d'un saint. La mosquée est dans ce cas incluse aux dépendances rattachées au mausolée.

Les complexes religieux continueront à trouver place dans les fondations érigées par les Alaouites, qui accordent également un intérêt à la mosquée en tant que centre cultuel et spirituel. Elle est certes jouxtée d'unemadrasa et d'annexes indispensables à la pratique des rites cultuels et de l'enseignement, mais sa prééminence redevient entière.

A l'époque alaouite, l'architecture des mosquées connaît une ère de réalisations diverses et variées. Des sanctuaires sont élevés dans l'enceinte des résidences royales parallèlement à de multiples oratoires édifiés dans toutes les villes du pays. Alliant des constructions sobres à d'autres plus somptueuses, ces fondations répondent toujours à un besoin ou à une nécessité. Si les mosquées incluses aux palais sont réservées à l'usage du monarque et ses proches, celles édifiées aux abords immédiats des résidences royales le sont au profit de la garde royale et les proches serviteurs du Sultan. La volonté des monarques de doter les divers quartiers des médinas d'institutions religieuses répond aux besoins de la population de disposer de lieux de culte de proximité. Cette vision est celle prônée par le Roi Mohammed VI depuis son intronisation, ce qui a permis une prolifération, sans précédent, de mosquées à travers le Royaume et la mise en œuvre de complexes cultuels/ culturels polyvalents qui permettent d'exercer des activités multiformes.

Voir aussi

Les mosquées marocaines: une histoire à écrire

Qu'est-ce qu'une mosquée marocaine?

Préface à propos des Mosquées du Maroc

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