Dimanche 3 Jumada I 1439 / 21 Janvier 2018

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Vers une modernisation de l'enseignement traditionnel

Tout au long de l’histoire du Maroc, l’enseignement traditionnel a largement contribué, à travers ses principales composantes, les écoles coraniques et les medersas, à la vulgarisation et à la démocratisation de l’enseignement à travers tout le pays. Dans les villes comme dans les campagnes, des centaines d’étudiants affluaient vers ces institutions pour se regrouper autour d’oulémas érudits, en majorité des marocains qui ont étudié aux pays du levant et qui se sont installés dans ces medersas pour transmettre leur savoir.

Les écoles traditionnelles, construites le plus souvent par les tribus, les bienfaiteurs ou les oulémas eux même, ont contribué à la dissémination et à la pérennité de la langue arabe, de la doctrine malékite et du rite ach’arite au Maroc comme en Andalousie et dans les autres pays du Maghreb. La quasi totalité des ouvrages étudiés dans ces écoles lors des premières années sont en majorité des mut?nes : des ouvrages de poésie en vers traitant des règles principales de la syntaxe de la langue arabe et de la chari’a islamique et du malékisme. De la alfiya d’Ibn Malek à la zukakia et al ajrumia, en passant par la risala (l’épître) d’ab? zayd al Quayraw?n?, al murchid al mo’ine d’ibn ‘Achir et al mokhtasar (le résumé) de Sidi Khalil pour ne citer que ces titres, ces ouvrages ont marqué l’enseignement de ses disciplines dans ces établissements treize siècles durant et jusqu'à nos jours.

* Des lauréats de renommée mondiale :

Bien que leur nombre ait diminué, surtout après 1925, ces écoles dites traditionnelles ont permis à une dizaine d’oulémas érudits de marquer par leurs études et leurs ouvrages la civilisation arabo-musulmane et d’y graver leurs noms. Ce fut le cas des oulémas comme Qa?i ’Iyya?, Ibn Ghazi El Meknasi, Abou Moussa El Jazouli dont les ouvrages constituent, jusqu'à nos jours, des références dans le domaine du malékisme et d’autres branches de sciences religieuses.



* l’enseignement traditionnel : une évolution continue :

Situées principalement dans la région du Souss comme la medersa de Tafraoute el mouloud vieille de plusieurs siècles, dans la région de Marrakech comme la medersa de sidi Zouine, dans le tafilalet, mais aussi dans certaines grandes villes comme Fès, Meknès, Tanger et Tétouan, ces medersas continuent d’exister et de former des étudiants. D’ailleurs, l’élaboration d’une carte nationale de l’ensemble de ces institutions est en cours actuellement par les services concernés de la direction de l’enseignement traditionnel au sein du ministère des Habous et des affaires islamiques.

Conscient de l’importance de leur rôle dans la perpétuation des traditions religieuses marocaines, feu sa majesté Hassan II avait déjà ordonné au ministère des Habous et des affaires islamiques en 1964 de raviver ses medersas et de leur accorder toute l’attention et le parrainage nécessaires. Ceci s’est fait dés lors à travers des initiatives successives pour aboutir en 2003 à la promulgation d’un dahir prévoyant la création d’une direction de l’enseignement traditionnel chargée de mettre au point des programmes visant à préserver ces écoles, à promouvoir les cours qui y sont dispensés, à contrôler leurs cursus et à les développer selon les méthodes pédagogiques modernes.

D’autre part, et considérant le rôle et l’importance des cours de langue arabe et de théologie présentés dans ces écoles, il reste que ces matières à elles seules sont insuffisantes pour former des oulémas capables de répondre aux exigences et aux défis auxquels l’islam doit faire face de nos jours. Cette religion n’appartenant plus seulement aux musulmans parlant l’arabe. Elle s’est étendue à d’autres pays de l’Europe, de l’Asie et d’Amérique.

* l’introduction de matières modernes :

 

L’Alim moderne doit être certes érudit dans les différentes sciences de la religion, mais il doit aussi avoir des connaissances en biologie, en géologie, en astronomie, en chimie, et parler des langues étrangères …Il doit être aussi au diapason des dernières nouveautés dans le domaine de l’économie, de la médecine et des sciences qui évoluent en permanence à un rythme accéléré. Les questions posées à un Alim ou à un mufti il y’a dix ans ne sont plus les mêmes aujourd’hui.

Dans la perspective de former des oulémas, des préposés religieux, des prédicateurs et des sermonnaires répondant à ces normes, le ministère a établit une stratégie éducative spécifique à l’enseignement traditionnel afin de le mettre en harmonie avec un environnement qui évolue de manière continue. Il a été ainsi procédé à l’introduction dans certaines medersas pilotes des cours de français, de mathématiques, de sciences naturelles, d’anglais, de civilisation musulmane, d’informatique, d’histoire et de géographie, et d’éducation civique. Ces cours sont programmés du primaire au secondaire à raison de deux heures par semaine pour le français, les mathématiques, l’anglais et l’histoire -géographie et à raison d’une heure par semaine pour les autres disciplines.

La direction de l’enseignement traditionnel, à travers ces trois divisions et ces onze services, outre la généralisation de ces disciplines à toutes les écoles traditionnelles existantes et à celles qui seront ouvertes dans l’avenir, veille sur la formation continue des enseignants de ce secteur.

Voir aussi

L'Ecole coranique de la Mosquée Hassan II - Fiche technique

L'école coranique à Bengammoude

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L’Ecole Traditionnelle Tafraoute El Mouloude

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Ecole Tandmane pour l’enseignement traditionnel

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