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La Grande mosquée de Taza

Par son architecture la mosquée de Taza est bien une des plus imposantes et une des plus régulièrement belles d'Afrique du Nord.

Nom de la mosquée :  grande mosquée de Taza

Lieu de la mosquée : Taza

Date de construction :édifiée dans les années qui suivirent 1142.Au XIIe siècle, à l’époque de la dynastie des Almohades

Constructeur : les Almohades et restaurée par les mérinides

 Fonds alloues pour la rénovation :

Historique de la mosquée :

La fondation de la Grande Mosquée (1142). Ce ne fut qu'au XIIe siècle, du fait des Almohades et de la manière la plus inattendue, que Taza devint la grande place d'armes du Maroc Oriental. Après l'échec de la poussée sur Marrakech et la mort du Mahdi, Abd el Moumen, devenu chef de la coalition almohade, renonça à attaquer de front les Almoravides, maîtres des plaines. En sept ou huit ans de luttes obscures et patientes, il chemina vers le nord à travers le Grand puis le Moyen Atlas. Partie de Tinmel l'armée des révoltés déboucha à Taza. La ville fut quelque temps leur point d'appui pour leurs campagnes au Maghrib Central - toujours tenu par les Almoravides -et dans le nord du Maroc. Taza remplaça quelque temps comme base d'opérations Tinmel trop lointain et devint ainsi le second ribat des Almohades. Maître de la ville  Abd el Moumen la fortifia  et la dota d'une grande mosquée - qui forme encore une partie de l'édifice actuel. Les textes anciens ne donnent aucun détail sur cette mosquée almohade et ne précisent pas la date de sa fondation. Suivant le Kitab el Istiqsa les travaux de Tazaauraient été ordonnés par Abd el Moumen en 529 H (1134-35 J.-C.). C'était d'ailleurs au nord de la ville, près de la Grande Mosquée, que se trouvait le palais du gouverneur almohade. Mais la date de 129 H (1134. 1135. J.-C.) donnée, avant le Kitab El Istiqsa, par le Qirtas ne semble -pas devoir être retenue. Les Mémoires d'El Baldaq2 qui nous fournissent une chronologie assez précise des campagnes de Abd El Moumen dans le nord du Maroc laisse supposer que les Almohades ne furent pas maîtres du pays de Taza avant 536 H (1141-1142 J.-C.). La mosquée aurait donc été édifiée dans les années qui suivirent 1142. Victorieux les Almohades n'oublièrent pas Taza. Suivant le Kitab el Istibsar les murailles furent complétées en 1172. Mais Taza n'eut bientôt plus pour les califes almohades qu'une valeur de souvenir. Maîtres de toute la Berbérie ils ne pouvaient redouter une attaque venue de l'Est. Toutefois la ville, qui resta une garnison importante, avait pris dès lors ses dimensions actuelles. Deux minarets de la ville, celui des Andalous et celui de Sidi Azzouz, apparaissent dans leur partie inférieure comme des minarets almohades.

Composantes de la mosquée : L'édifice actuel doit se composer d'une mosquée Almohade complète, d’une salle de prières, oratoire, sahn et minaret restaurée.

Au chevet de la mosquée se pressent toute une série d'annexes. Un premier groupe, comprend, à gauche du mihrab, la chambre de l'imam doublée d'une bibliothèque, à droite la chambre du minbar. Au sud de deux patios allongés, entourés de portiques sur trois côtés, trois passages conduisent à trois portes donnant sur la rue. La mida, de dimensions réduites, s'étend entre la porte de l'ouest et la porte du centre. L'emplacement symétrique est maintenant occupé par une maison.

 

Du mur de la qibla au mur nord-ouest elle compte quatorze travées - sur neuf nefs. La nef axiale est plus large que les nefs communes. Toutes les nefs viennent buter sur la travée devant mihrab. Nous avons donc aff aire à une mosquée en T. Une Coupole précède le mihrab : aux extrémités du transept, les coupoles des mosquées du XIIe siècle sont remplacées par de simples pavillons de charpente.

La mosquée a neuf portes : deux dans le mur de là qibla trois sur chaque façade latérale, une dans le mur nord-ouest, dans l'axe de l'édifice.

La salle de prières est d'une profondeur de huit travées contre quatre pour le sahn, Les galeries entourant le sahn comprennent deux nefs sur chaque côté, deux travées au fond. Le plan de ces annexes est singulier. Les nefs extrêmes des galeries latérales n'atteignent pas l'alignement de la limite nord ouest du sahn : l'une butte contre le minaret ; l'autre semble avoir, été limitée pour permettre le passage d'une rue. Les deux travées du fond de la cour sont plus curieuses encore. Leurs nefs ne sont pas en concordance avec celles de l'oratoire et c'est ici la nef axiale qui est plus étroite que les autres.

La façade occidentale de la mosquée est bordée d'une rue qui, au droit des portes, est couverte par trois porches aux toits de tuiles.

La façade orientale donne sur une vaste cour plantée d'oliviers : le sahn el kebir qui couvre un espace presque aussi grand que la mosquée elle-même. Un étroit portique la borde. Il est précédé d'une large allée carrelée de zellijs et ponctuée de deux vasques. Au milieu de la cour, s'élève un kiosque couvert d'une coupole dont les arcades avaient été aveuglées. Au fond de la cour, se voient les restes, fort ruinés, de deux petites constructions. Le mur sud-est, percé d'un mihrab en son centre, était précédé d'une galerie couverte - aujourd'hui rétablie - qui servait de mosquée d'été. A chaque extrémité de la galerie occidentale sont aménagées deux annexes : à l'angle sud-est un msid surélevé ; à l'autre extrémité l'escalier qui conduit à la chambre du mouwaqqit, aménagée, au niveau des toits, près du minaret.

Le plan de la mosquée - le sahn el kebir mis à part - est d'une parfaite régularité. Tout l'édifice est axé. Les murs extérieurs ne sont jamais infléchis. Les annexes au nord-ouest du sahn et au sud-est de la qibla, qui n'offrent que des irrégularités de détail, enrichissent la composition sans la déséquilibrer.

De cet ensemble, il faut dégager la mosquée almohade, les agrandissements mérinites et les adjonctions des siècles derniers

Le Minaret : Il est difficile d'apprécier dans son ensemble le décor qui fut ajouté, à la fin du XIIIe siècle, au minaret almohade. Depuis lors certaines baies ont été aveuglées : des arcs ont été remaniés ou remplacés par des linteaux de bois. Toutefois la frise de zellijs qui couronnait la tour semble bien due aux artistes d'Abou Yaqoub. Des étoiles polygonales se déployaient sur toute sa largeur. La même solution décorative avait été adoptée au minaret de la grande mosquée de Fès Jdid. Mais ici les entrelacs sont dessinés par de larges traits ; la couleur ne se dissocie pas encore en taches multiples et menues. La polychromie restait discrète et parfaitement accordée à la teinte ocreuse du minaret almohade.

A l'une des baies de la face sud-est se voient encore quelques vestiges d'un encadrement de zellij : une inscription cursive qui s'achevait sur un médaillon lobé.

De tout cela, une seule chose à retenir : quelques touches de couleur avaient orné, dès le XIIIe siècle, l'austère minaret d'Abd el Moumen et l'avaient mis à la mode des temps nouveaux.

Ce minaret sobre et puissant reste le meilleur symbole de la ville forte qu'il domine. Depuis huit siècles, il monte la garde à la crête du plateau, au-dessus des chemins qui mènent des plaines atlantiques aux steppes méditerranéennes et où se décida tant de fois le sort du Maroc.

Le grand lustre de la mosquée

Dès sa construction, le grand lustre de la mosquée de Taza fut célèbre. L'historiographie mérinite fait l'éloge de cette oeuvre exceptionnelle de la bronzerie musulmane.

Le Rawd al-Qirtas précise qu'il fut mis en place à l'achèvement de la mosquée en 693 H-I294 J.-C. Il pesait 32 quintaux, possédait 514 calices ou godets, destinés à recevoir l'huile. Il avait coûté 8.000 dinars.

Les voyageurs et les historiens - qui ont coutume de taire les richesses décoratives qu'enferment les mosquées - signalèrent plusieurs fois le grand lustre de Taza.

Ce lustre étonne d'abord par ses dimensions : il mesure près de quatre mètres de hauteur sur deux et demi de largeur. On conçoit qu'on ait tenu compte de sa présence dans l'architecture et dans la décoration de la mosquée. Aucun lustre orné de cette taille n'a été signalé en Orient. En Occident, le grand lustre de la Oarawiyn à Fès - le seul qui puisse lui être comparé - est un peu plus petit.

Ce lampadaire de dimensions inusitées - qui est à lui seul comme un monument à part -nous est parvenu dans un état de conservation remarquable. Sans doute il a perdu les supports des godets à huile qui se disposaient tout autour de ses plateaux étagés ; mais quelques restes de leur base et les supports- du petit lustre permettent de les restituer dans leurs grandes lignes. Les bobéchons de sa couronne inférieure ont disparu, à l'exception d'un seul, dont les formes et le décor n'ont subi aucune altération. Quelques panneaux ajourés ont souffert: mais tantôt des panneaux semblables subsistent en plusieurs exemplaires, tantôt il est très facile de rétablir le décor dégradé.

Ces mutilations de détail n'apparaissent pas de prime abord, lorsqu'on découvre le lustre dans l'encadrement de ses arcs à lambrequins : tous les ornements soigneusement débarrassés de la crasse de poussière et d'huile qui les recouvrait, apparaissent dans toute leur fraîcheur de taille. Le métal, préservé de toute oxydation profonde, est couvert d'une belle patine assez claire et assez uniforme pour ne jamais nuire à l'ornement. L'historien du décor a donc la chance de se trouver devant une œuvre complète qui vaut d'être étudiée en détail.

 

Voir aussi

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