islamaumaroc

Règles relatives à l’exercice du culte dans les mosquées

L’appel traditionnel à la prière

  • L’appel traditionnel à la prière rituelle (al-adhân) dans les mosquées est à proclamer à la manière marocaine, d’une diction claire, avec recueillement, sur un ton naturel et pur de toute imitation étrangère ;
  • L’appel à chacune des cinq prières quotidiennes s’effectue au moment initial de leur temps canonique respectif;
  • Les horaires des prières rituelles, pour toute localité du royaume, sont établis par le Ministère des Habous et des Affaires islamiques ;
  • La formule de l’adhân est la suivante: « Dieu est plus grand (deux fois) ; j’atteste qu’il n’est de divinité que Dieu (deux fois) ; j’atteste que Muhammad est le Messager de Dieu (deux fois) ; venez à la prière(deux fois), venez faire votre salut (deux fois) ; Dieu est plus grand (deux fois) ; il n’y a de divinité que Dieu ».
  • L’appel à l’office du vendredi est entonné trois fois successivement à l’heure canonique, après l’arrivée du sermonnaire et son installation en chaire.
  • La prière du fajr s’effectue collectivement vingt minutes après le début de son temps canonique ; les prières du zuhr, du ‘asr et du ‘ishâ’ s’effectuent au plus tard quinze minutes après le début de leur temps canonique respectif ; quant celle du maghrib, elle s’effectue dix minutes après le début de son temps canonique. Ces horaires ne peuvent s’adapter à certaines nécessités ou occasions particulières − comme par exemple le mois du ramadan − ou à certaines régions, que sous réserve d’une autorisation écrite du ministère des Habous et des Affaires islamiques.
  • La formule du second appel à la prière rituelle (iqâma) est semblable à celle de adhân sauf que les termes n’en sont prononcés qu’une fois. Seul le takbîr est prononcé deux fois.

Les prières rituelles accomplies dans les mosquées 

     Ce sont :

  • Les cinq prières quotidiennes ;
  • L’office du vendredi ;
  • Les prières rituelles des deux fêtes religieuses (‘îd al-fitr et ‘îd al ad’hâ), lorsqu’elles s’imposent ;
  • Les prières surérogatoires nocturnes pendant le mois de ramadan (al-tarâwîh) ;
  • Les prières surérogatoires individuelles ;
  • L’officedes morts.

Les prières et rites sur indications du ministère

Ce sont :

  • Les prières de rogations pour la pluie (salât al-istisqâ’)
  • Les prières en faveur des disparus (salât al-ghâ’ib) ;
  • Les prières dites à l’occasion des éclipses solaires (salât al-kusûf) ;
  • Les prières dites à l’occasion des éclipses lunaires (salât al-khusûf) ;
  • Les prières nocturnes surérogatoires (salât qiyâm al-layl) ;
  • Les retraites spirituelles, individuelles ou collectives, dans les mosquées durant les dix derniers jours du ramadan.

Sont à respecter les pratiques traditionnelles suivantes, venant à la suite des prières rituelles :

  • Les invocations en faveur des personnalités qui en bénéficient traditionnellement au Maroc, et au premier chef le Commandeur des croyants ; elles sont suivies d’une prière sur le Prophète (p. .s. l.), dite collectivement et à haute voix ;
  • La récitation quotidienne du hizb, faite collectivement et à haute voix  après les prières du subh et celle du maghrib, selon la variante de récitation (riwâya) dite de Warsh, en conformité avec la psalmodie locale. Doit aussi être respecté le classement des hizb-s suivant le calendrier arabe officiel. Tout ceci s’effectue sous la supervision de l’imam de la mosquée.

La prière du vendredi

  •  La prière du vendredi a lieu dans les mosquées principales désignées par le ministère, aux conditions précisées par le décret relatif à l’appellation des mosquées et à leur ouverture aux fidèles.
  • On doit déclamer, à l’attention des fidèles et avant l’adhân, la variante classique du hadith suivant, qui les invite à écouter le sermon : « Je cherche refuge auprès de Dieu contre Satan le lapidé. Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux, Dieu et Ses anges prient sur le Prophète. Ô vous qui croyez ! Priez sur lui et saluez-le comme il se doit. Notre maître Mâlik rapportait, d’Abû l-Zinâd, puis d’al-A‘raj, puis d’Abû Hurayra : : « Le Messager de Dieu  − p. s. l. − disait : « Lorsque tu dis à ton voisin d’écouter pendant que l’imam prononce le prêche du vendredi, c’est déjà là un bavardage [qui détourne de l’attention au sermon] ». Dans un autre hadith, il est dit : « Quiconque bavarde [en pareille circonstance], perd le bénéfice de la prière du vendredi ». Alors prêtez l’oreille ! Que Dieu vous ait en Sa sainte Miséricorde ! Prêtez l’oreille ! Que Dieu vous ait en Sa sainte Miséricorde ! Prêtez l’oreille ! Que Dieu pardonne mes péchés ainsi que les vôtres ! »
  • On doit réciter collectivement et à haute voix des extraits coraniques dans l’attente de l’arrivée du sermonnaire, selon les conditions précisées plus haut. Il est souhaitable de choisir la sourate al-Kahf en raison du mérite qui s’attache à sa récitation le vendredi, d’après certains hadiths. D’après Abû Sa‘îd al-Khudrî, le Prophète (p. s. l.) disait : « Quiconque récite la sourate al-Kahf, telle qu’elle fut révélée brillera, au jour de la Résurrection, d’une lumière visible jusqu’à la Mekke. Quiconque en récite les dix derniers versets, à l’heure où apparaîtra l’Antéchrist (al-Dajjâl), échappera à son emprise » [1]. D’après Ibn ‘Umar, le Messager de Dieu (p. s. l.) disait : «Quiconque récite la sourate al-Kahf le vendredi se verra, au jour de la Résurrection, illuminé par une lumière qui partira de dessous ses pieds et brillera jusqu’aux cieux ; les péchés qu’il aura commis depuis le vendredi précédent lui seront pardonnés »[2].
  • Un récitant coranique (qâri’) autorisé par l’imam a latitude de psalmodier un extrait de la sainte Ecriture pendant les dix dernières minutes précédant l’arrivée du sermonnaire.

 La prière des deux fêtes

  • Elle s’accomplit dans des oratoires de plein air(musallayât), agréés par décret ministériel. Elle peut aussi, le cas échéant, s’effectuer dans les grandes mosquées désignées par les délégations provinciales des Habous et des Affaires islamiques.


[1]Nasâ’î, al-Sunan al-kubrâ, 6/236 ; Hâkim, al-Mustadrak, 1/735, pour lequel le hadîth est authentique selon les critères posés par Muslim, bien que celui-ci ait omis de le mentionner.

[2]Al Mundhirî, al-Targhîb wa l-Tarhîb, 1/298. Il précise que ce hadith est rapporté par Abû Bakr b. Mardawayh dans son Tafsîr et que sa chaîne de garants est satisfaisante.

Voir aussi

Les règles rhétoriques

Les règles thématiques

Règles méthodiques

Tâches et responsabilités des sermonnaires

Déontologie des imams

Tâches et responsabilités des imams

Les oratoires

Règles générales

La mission sociale de la mosquée

La mission intellectuelle et culturelle de la mosquée

Règles relatives à l’exercice du culte dans les mosquées

Les fonctions de la mosquée

Plus d'articles

facebook twitter youtube