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القرآن وأخلاق النبي (صلعم) [بالفرنسية]

  عبد العزيز بنعبد الله

العدد 277 جمادى 1 1410- دجنبر 1989

s"adonner d"après Al-Awârif à une lecture prolongée, même s"il s"agit de hadiths ou d"anecdotes capricieusement, se délasser d"un persévérance dans les litanies et les pratiques culturelles. Il éprouve, par contre, un vif plaisir à lire et à dialoguer. Il doit éviter, dans ce cas, de se laisser entraîner dans un aval qui prendrait, plus qu"il ne faut, de son temps précieux. J"ai eu l"occasion de voir certains personnages des plus honorables, s"inspirer de ces principes, en répartissent rationnellement le cours de leurs jours et nuits, selon un critère pratique, réservant minutieusement leur dû à l"enseignement, à la lecture, aux liturgies et au repos. Tous les actes devant se suivre consécutivement ont alors leurs parts respectives qui en ménagent soigneusement les besoins, sans empiéter les uns sur les autres. V"est là un signe de la Providence qui inspire le choix le plus judicieux dans le processus des options. Dans un même ordre d"idées, nous nous référons aux dires de certains imams qui définissent l"échelonnement du potentiel auditif chez les gens.
Cette graduation est comparée d"abord à un semis qui atteint le sol ? mais qui est vite ramassé par un essaim d"oiseaux ; ensuite à des graines qui retombent sur la pierre lisse recouverte d"une légère couche de terre et de gouttelettes de rosée. Ils s"y fixent superficiellement, mais finissent pas se dessécher, quand les nervures touchent le dure de la pierre. Une partie de la semence peut choir sur un sol riche et fertile, mais jalonné d"épi,es qui tuent les jeunes pousses dès leur apparition. Enfin, quelques semis qui ont pu entrer en contact avec un sol fécond, loin des grès et des épines, ont la chance de croître et fleurir. Un parallèle est donc établi entre une semence recueillie sur une terre riche et une bonne parole. A l"instar de cette série de semences, un homme peut entendre des propos auxquels il ne prète nulle attention. Ils s"évaporent et sont vite oubliés. Le semis recueilli par la pierre est assimilé à une personne qui entend bien et apprécie, mais sans qu"il y ait un impact quelconque sur un cœur indécis qui n"en retient guère la fruition. Au sol épineux correspond le cas de l"individu dont l"audition est accompagnée d"une intention d"agir, vite ligotée par des caprices qui le figent, l"ankylosent et anéantissent, en lui, tout désir effectif d"agir. Le quatrième cas du sol dégagée de tout handicap est similaire à un attentif qu conçoit, cherche à bien comprendre, assure une bonne exécution, tout en s"écartant des suggestions et des fantaisies maléfiques. C"est là la fruition spontanée d"une prédisposition qui, sans être nécessairement innée, est sciemment développée, grâce à un effort soutenu tendant à éliminer tout écart capricieux. Les élans vicieux et les exigences excentriques ont une douce saveur que l"âme dégénérée déguste et apprécie. Cet épicurianisme dégradé est la source de tous les maux. En illuminant les recoins de la conscience, en les dépurant de toute pollution malsaine, grâce à une régénération qui tend à insuffler, par le dhikr, dont la lecture du Coran, une vie réconfortante qui oppose à l"attirance matérielle, l"attrait sublime de l"amour divin, reliant, revivifiée au Plenum de la Présence Sacrée. L"esprit hautement idéalisé savoure cette douceur transcendante à laquelle un désir terre-à-terre ne saurait guère résister.
Anecdotes extraits des textes sacrés sont aussi une source d"orientation illuminée. Il faut savoir choisir ses sources d"inspiration. Une option judicieuse est l"apanage d"un bon « sourcier ». Les lectures préférées évitent le gaspillage du temps et épargnent les efforts inutiles. L"auteur des Awârif instit sur le nécessité de s"assurer un bon choix, grâce à une analyse pondérée ou à un recours à Dieu, dans toute actuation inopinée. La prière de l"Istikhara où le croyant invoque Dieu, en l"appelant à son aide, l"inspire et fait naître en lui des idées et des sentiments qui orientent son choix. Allah libère pour lui le meilleur accès de la compréhension, dans un temps record et avec un moindre effort. Douée d"un tel génie initiateur, l"image de la connaissance se présente spontanément à son esprit, pour se décalquer sur le miroir de son âme. C"est l"esquisse ésotérique de ce symbole qui dépure l"intellect et clarifie la compréhension. On cite le cas d"Avicenne qui consacre plus d"un mois à tenter de déchiffrer en vain les secrets de certains textes de la Métaphysique d"Aristote. Après s"être recueilli, à la Mosquée le quarantième jour, à la suite d"une grande prière du Fajr, le mystère finit par se clarifier et l"énigme par s"éclaircir, Avicenne en fut sidéré ; mais il eut la preuve tangible de l"infaillibilité d"une inspiration divine (1)
Grâce donc à cette divine inspiration, l"acte devient compréhensible et l"acteur compréhensif. « Nous l"avons bien fait comprendre à Salomon » précise Allal dans un verset coranique. « Dieu fait entendre à qui lui plaît », souligne un autre verset. Quand Allah est le promoteur d"un tel entendement, Sa révélation s"effectue tantôt par l"intermédiaire de ses Messages ou de leurs héritiers, tantôt à travers les œuvres et les écrits de la charia. En s"inspirant des uns et des autres. L"initié est d"autant plus édifié que son acte procède d"un bon entendement et d"une  bonne audition. Il peut alors tester la valeur de son état et être le digne réceptacle des dons sublimes de Dieu. Ses connaissances s"en ressentiront ainsi que leur adaptabilité éthique. Les grands maîtres en esquissent des élaborations magistrales dans l"invocation de la Miséricorde et de la grâce divines. L"Imam Ghazali, qualifié de « Preuve de l"Islam », eut l"amabilité de prodiguer de bien heureux conseils à un de ces disciples : « O, disciple qui entreprends la recherche de la connaissance, le lecture des ouvrages divers, qui tends à sonder les propos de tous et notamment les œuvres de la sagesse : Que ton regard englobe toutes ces données par l"aide de Fieu et pour Son amour, sinon il t"abandonnera à toi-même ou te délaissera à la merci de ce qui t"a obnubilé. Si ta vision ne se limite guère à lui, ton oeuvre sera pour autre que lui dont tu auras alors confirmé l"existence et la véracité, si tu espères rencontrer Allah, fais le bien et n"associe personne à Son adoration ; au cas où ton regard se porterait sur les paroles émises par ceux qui jouissent d"une certaine renommée dans le domaine de la science, abstiens-toi de tout mépris et de toute décision à la légère ; positivement et négativement ; aie bonne opinion de tout le monde et ne déconsidère personne jusqu"à preuve du contraire ; les bonnes actions, tâche d"en faire état et de les divulguer, en cherchant des excuses pour les mauvaises. Tout Alem a son excuse, trouva,t des arguments pour se justifier, ne serait-ce que partiellement. Que d"enseignements dans les tiraillements survenus entre khadire et Moïse ! Si à ton avis, une problématique vient de surgir, paraissant absurde et inconcevable, prends-en ce qui te semble plausible et délaisse ce que tu n"arrives pas à comprendre, en confiant à Dieu la réelle conscience. « On rappelle, en l"occurrence, à l"intention de tout lecteur qui cherche à mémoriser, de confier à Dieu, le cas échéant, la réminiscence des fruits de ces lecteurs. Il en sera pleinement édifié. D"autre part, un esprit averti ne doit guère mouvement d"esquive vers Dieu : subtile finalité d"une Ethique supérieure, mue par une initiation gnostique agissante. Le lot qui échoit au Prophète, dans ce processus de transcendance, est hautement préférentiel. L"autre des Awarif en fait une minutieuse analyse, en se référant à l"exégète Sahl Abdillah, dans l"interprétation du Verset coranique qui dépeint la perception conceptionnelle du Prophète, s"inspirant exclusivement des approches subliment inculquées. Les qualifications éminents qui en découlent impriment à l"âme une ferme constance. On en tire, pour le moumin, la nécessité de se raffiner, de s"armer de dignité, de crainte révérencielle, dans le concert de la grande gnose. Son esprit ne saurait, en l"occurrence, être envahi par des visions et des combinaisons imaginatives. Sur le double plan exotérique et ésotérique, il ne doit guère sombrer dans une intellectualisation excentrique, une obnubilation capricieuse et un emportement passionnel irréfléchi Une lucidité objective est seule susceptible d"imprimer à l"esprit une nette distinction entre le faux et le vrai, le bien et le mal. Tout un flux d"impondérables ; de qualifications indicibles, émane ainsi d"un esprit purifié dont la fine Ethique « policée » est une marque indélébile d"une parfaite et inimitable connaissance épiphanique. « si vraiment Allah avait décelé du bien en eux – dit le Coran – Il les aurait dotés d"une bonne audition »/ Quelques exégètes traduisent ces éléments bénéfiques qui jalonnent le cœur, par des prédispositions innées ou inculquées qui rendent l"initié capable de se dégager des conjectures maléfiques. Le Coran met les deux approches en étroite corrélation en disant : «  Il y  a là une heureuse réminiscence pour ceux qui ont un cœur et qui prêtent une fine oreille, avec un esprit présent ». Dans son Commentaire du Livre, Ar-Râzi définit ce genre de cœur comme une âme consciente susceptible de concevoir et de saisir. Yahia er-Râzo l"ampleur du double aspect du cœur, accaparé d"une part par les attraits mondains et incrustés, d"autre part de profondes empreintes qui renforcent leurs prédispositions à sonder le fond et les intimes secrets de la connaissance. Le cœur doit dont être sain, c"est-à-dire dépourvu de tout malaise, trouve ou simple impression de gêne de nature à en perturber le flux courant. L"Islam s"étend longuement dans l"esquisse de fresques émouvantes sur les péripéties d"enchevêtrement de la conscience et des phases qui jalonnent l"échelonnement de la marche du cœur. Un trio doit, pour Ibn Sa"oum, imprimer les élans du cœur fortement marque par un raffinement comportementiel. A ce trio correspond un triple élément constitutif de la masse ou de la structure consciente : déguster la saveur enivrante de l"adoration respectueuse d"Allah, c"est se libérer de ses caprices ; grâce à cet affranchissement des exige,ces charnelles, l"initié réalise le premier tiers de l"éthique policée ; en deuxième stade, ce même moumin ainsi armé, éprouve le douloureux sentiment de ce qui lui manque ; en combla,t ce vide, il aura parcouru les deux tiers du chemin. Une certaine plénitude sera alors assurée par la saturation du cœur. Pour le fameux Mohamed Tirmidhi, un cœur qui se détache de ses fantaisies et élans capricieux, réalise autant de vitalité dans la voie de Dieu. En d"autres termes, quand un serviteur développe ses prédispositions à une vertueuse audition et éprouve, en conséquence, la vivacité qui le met en mesure de faire entendre ce qu"il a bien assimilé, il atteint le grade spirituel qui lui permet de réserver au Verbe Divin et à la tradition apostolique une audience adéquate. Il reçoit alors de Son Seigneur l"insigne honneur de parfaire, dans tous ses comportements, le plus sublime des états d"obédience. Sa soumission à l"ordre supérieur est alors pleine et entière ; sa résignation est totale. C"est à ce gendre de serviteurs qu"Allah fait allusion en disant : « Ceux qui reçoivent la parole de Dieu ; en se conformant à ses meilleurs commandements, sont les mieux orientés et les mieux doués de sagacité et de clairvoyance » . Cette perspicace subtilité constitue un noble privilège et le plus fin exploit qui donne accès à une sublime transcendance. Tous les adages et
les prophètes, sublimes élus de Dieu, sont les être les plus hauts placés dans l"échelle des valeurs éthiques. La psychologie du comportement apostolique, vis-à-vis de la Présence Divine, cette immanence prophétique est actuée par le souci constant d"une observance, éminemment adéquate des exigences supérieures du droit Divin. Dieu n"a-t-il pas couvert d"éloges, dans son Livre Sacré, le caractère Magnanime de Son Messager Sidna Mohamed ? Cette magnificence dont Allah exalte les mérites Mohammadiens englobe l"ensemble des structures psychosomatiques, à savoir le haute manière d"être et d"agir. Al-Hassan Al-Basri interprète ce verset coranique, en mettant l"accent sur une confortation divine qui immunise l"Elu contre toute indélicatesse humaine. C"est le summum de l"Ethique transcendante du Prophète. Le propre ce cette grandeur suprême est d"éluder avec adresse tout mobile de confusion et de malentendu. Un autre aspect de cette morale majestueuse, chez le croyant par excellence, Sidna Mohamed – que Dieu le Bénisse – se cristallise dans le concentration de son cœur, la puissance de sa volonté et son attachement à Dieu et à Dieu seul. Le verset fait donc allusion à ce raffinement subtil qui est une marque de prééminence des principes de la conscience, de la pureté des mœurs et de l"efficience socio-culturelle des impératifs du bien. En l"occurrence,  l"éminent Messager atteint un stade de transcendance où la vue – précise un autre verset coranique – ne saurait souffrir «  ni déviation ni débordement ». C"est là un des secrets de cette suprématie sans-pair ; vers laquelle le prophète transcende avec aisance, grâce à l"équilibre accompli de sa transconscience, dégagée de toute velléité de fluctuation. Les élans chez le grand messager se contrebalancent : une propension transcendante vers Dieu doublée d"un mouvement élusif qui tend à esquiver ou tourner le dos à tout ce qui éloigne de l"Etre Suprême. Le regard ne doit guère se porter ailleurs dans une dévia,ce ou détournement.  Le cœur se doit d"éviter tout repentir ou regret de ce dont on s"est sciemment et sincèrement détourné, pour l"amour de Dieu. Le Prophète s"ingénie à se remémorer, par évocation révérencieuse, les faveurs, les grâces et les touches divines de la Nuit de l"Ascension. Ce sont là des dons providentiels que l"intellect ne sautait ni imaginer ni valoriser. Dans sa sublime transconscience, le Messager de Dieu ne se permet nulle transgression des convenances de la Présence. Cette sublimité de l"âme est un


(1)Al-Akkad cite cette anecdote dans son ouvrage sur Avicenne.

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